En plein printemps arabe, en 2011 place Tahrir au Caire, les manifestants ont acclamé le poète égyptien Ahmed Fouad Negm (22 mai 1929- 3 décembre 2013). La foule chantait et récitait ses poèmes. Cette icône de la poésie arabe, né en 1929 dans la province égyptienne d’al-Charqiya, dans le delta du Nil, a toujours été présente dans la rue depuis plus de 40 ans pour soutenir les luttes des « peuples Arabes » et des Egyptiens. C’est après la guerre des Six jours en 1967 qu’il a connu son apogée grâce à ses textes révolutionnaires qui résonnent dans tout le monde arabe.

Ce poète populaire et contestataire a fait rêver la jeunesse à travers ses chansons sur la liberté, la démocratie, la justice et le changement. Ce chantre de la liberté ne va cesser d’écrire des poèmes engagés au service des gens les plus défavorisées. Les cris de douleur et de réprobation en faveur des inégalités et les critiques mordantes portées envers les dirigeants égyptiens vont agacer les différents pouvoirs en Egypte. Il passera au total 18 ans de sa vie en prison sous les régimes de Gamal Abdel Nasser et Anwar Sadat. Mais rien ne l’arrête, il continue d’écrire des poèmes derrière les barreaux.

 

Il est resté très simple toute sa vie malgré sa popularité grandissante au fur et à mesure des années. A tel point qu’il vivra uniquement avec les plus démunis, dans les quartiers populaires. Cette forme de vie lui vaudra d’être nommé par les Nations Unies « Ambassadeur des pauvres » en 2017.

 

Sa poésie a été portée par le luth et la voix du musicien aveugle Cheikh Imam, chanteur des pauvres. Avec lui, il a produit plusieurs centaines de chansons, ballades ou pièces musicales « consacrées tant aux espoirs et aux souffrances des Egyptiens qu’à l’émancipation des peuples dans le monde ».

 

Le Grand Prix Prince Claus a été attribué à Ahmed Faouad Negm en septembre 2013 aux Pays-Bas pour sa contribution dans le domaine de la poésie et aussi « connu pour sa poésie critique qui est très apprécié dans le monde arabe » précise la fondation Prince Claus (1).

 

En décembre 2013, au moment de son décès, Hamdeen Sabbahi, ex-candidat à la présidentielle et emblème de la gauche égyptienne, « a salué un poète qui avait inspiré des millions d’Egyptiens et d’Arabes, les appelant à aimer l’équité et à haïr l’injustice, à travers son œuvre …» (2)

 

PG

 

1 : Dans un communiqué le 07 septembre 2013 de la fondation Prince Claus qui décerne ce prix chaque année aux artistes, aux intellectuels et aux acteurs culturels en reconnaissance de l’excellence de leur travail et de l’impact de leurs activités culturelles sur le développement de la société

2 : Article dans le journal La Croix du 3 décembre 2013 «  Mort du poète égyptien Ahmed Fouad Negm, symbole de la poésie arabe engagée »

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