L’antijudaïsme est une attitude religieuse. Il est avant tout le fait des chrétiens qui, dès le début du christianisme, accusent les juifs de « déicide » et leur reprochent ensuite de persister dans leur erreur. Ces chrétiens ne cherchaient pas l’éradication les juifs, dépositaires de la Bible, livre sur lequel le christianisme s’est bâti, mais leur conversion. Jusqu’à la Révolution, malgré des périodes de paix religieuse, les juifs furent enfermés dans des ghettos, persécutés et poussés à des conversions forcées.

L’antisémitisme date, lui, du XIXème siècle. Le passage de l’un à l’autre s’est fait progressivement. Avec la révolution industrielle, les classes pauvres prirent parfois en grippe les juifs, souvent acteurs dans l’économie. A l’autre extrémité de l’échelle sociale, la grande bourgeoisie reprochait à Marx d’être juif. L’antisémitisme est définitivement né quand cet antijudaïsme de classe évolue en antijudaïsme de race, appliquant aux juifs des théories racistes alors en circulation.

L’antisionisme s’oppose au sionisme, doctrine nationaliste préconisant l’installation du peuple juif en Palestine. Tous les juifs ne sont pas sionistes. Les sionistes eux-mêmes sont divisés, en particulier au sujet de la reconnaissance des droits des Palestiniens. Ainsi, l’antisionisme au sens strict ne peut être taxé d’antisémitisme, pas davantage que la condamnation de la politique du gouvernement israélien à l’égard des Palestiniens. Il arrive cependant qu’un discours présenté comme « antisioniste » cache un antisémitisme qui n’ose dire son nom.

FL

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