Ce mot est au centre du lexique chrétien. Dans la bible, on trouve « Golgotha », terme araméen (gulgolta) de la famille du verbe rouler. Les traducteurs de la bible en grec (la Septante) partant de l’idée de sphère qui roule, traduisent « kraniou topos » : lieu du crâne. Quand Jérôme traduit en latin (la Vulgate), il emploie « calvaria », mot signifiant « crâne ».

Aujourd’hui, « Calvaire » (nom propre) désignele lieu de la crucifixion de Jésus. De là un « calvaire »(nom commun) est un monument de pierre qui a pour centre une crucifixion, mais peut regrouper, comme en Bretagne ou en Allemagne, des personnages ayant accompagné l’événement. Peu à peu, on appelle « calvaire »la simple croix qui se dresse à la croisée des chemins.

Mais d’autres lieux sacrés se réclament de ce symbolisme du « crâne ».

D’après l’étymologie grecque, on peut rapprocher « crâne »et « rocher ». Comme si « mont du crâne » était un pléonasme. Bien des montagnes servent de lieu de rencontre entre l’homme et la divinité : le mont Sinaï, le mont Carmel, le mont Tabor, le mont des Béatitudes…et, plus près de nous, le mont St-Michel, le mont Athos, ou le Sacré-cœur de Montmartre, Notre-Dame de Fourvière, Notre-Dame de la Garde, Notre-Dame du Puy, les météores en Grèce… 

Pourquoi un « lieu du crâne » près des remparts de Jérusalem ?  Il devait y avoir un rocher un peu proéminent qui évoquait un crâne. Pensons au nombre de Chaumonten France, « chaumont », comme « calvus mons », le « mont chauve »…

Nous devons toujours rapprocher ce qui est le plus populaire, le plus anodin, avec le plus surnaturel.

Et du Golgotha aux calvaires, il y a tant de résonances symboliques, qui conviennent à toutes les religions du monde !

GG

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