On aime généralement trouver un fondateur à chaque religion, par exemple Mohammed pour l’Islam ou Moïse pour le judaïsme. Pourtant, ce n’est pas si simple… Qu’en est-il pour la religion chrétienne ?

Trois questions principales sont posées par les défenseurs de cette thèse. Est-il vrai qu’aucune source non chrétienne ne parle de Jésus ? Les évangiles sont-ils historiquement fiables ? Enfin Paul, dont les écrits sont très anciens, parle peu de l’homme Jésus et s’intéresse surtout au Christ ressuscité : ne serait-ce pas le signe que le Jésus historique est imaginaire ?

L’historien juif Flavius Josèphe, dans les « Antiquités juives » consacre une notice à « Jésus homme sage ». Ce texte, qui a subi des ajouts postérieurs mais facilement repérables, est considéré comme authentique par les spécialistes. Par ailleurs trois auteurs latins donnent sur Jésus des témoignages indirects : Pline le Jeune, Tacite et Suétone. Même si aucun ne détaille le récit des évènements de Judée au temps de Jésus, celui de Tacite au moins est explicite, attestant à l’époque de l’empereur Tibère un mouvement en Judée autour de Jésus, puis sa condamnation au supplice par le procurateur Ponce Pilate, enfin son exécution. (Annales, 15, 44).

Le plus ancien fragment de l’évangile de Jean date de 125, c’est-à-dire trente ans seulement après sa rédaction : précocité rare pour cette époque. Par ailleurs la multiplicité de attestations littéraires sur Jésus, dans le Nouveau Testament et les évangiles apocryphes, est sans équivalent dans l’Antiquité. Ces documents doivent être traités avec les outils de la critique historique, mais ils sont des sources d’une exceptionnelle ampleur.

Quant à Paul, ses lettres laissent penser qu’il connaissait mieux Jésus qu’il n’y paraît. S’il ne parle pas de ses rencontres, des guérisons ou des paraboles, c’est parce qu’il écrit à des communautés qu’il a rencontrées et qui donc connaissent déjà la vie de Jésus. Son propos est théologique. Il est même christologique. Or son projet théologique est centré sur Jésus ressuscité. Mais, si nécessaire, il fait allusion à la vie de Jésus, par exemple lorsqu’il évoque son dernier repas (1 Cor 11, 23) : il est évident que lorsqu’il écrit : « Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain… », il suppose connus les évènements de la Passion.

FL

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