Le 3 février 2019, le Pape François arrivait à Abou Dhabi. C’était un événement : pour la première fois de l’histoire, un Pape foulait la terre de la péninsule arabo-persique où est né l’islam. Il venait y rencontrer le million de catholiques qui y résident, des immigrés venus d’Inde ou des Philippines.

Cette visite a été l’occasion d’une conception nouvelle du dialogue islamochrétien. Il faut bien reconnaître que si, depuis Vatican 2, l’Eglise catholique avait commencé à s’ouvrir aux autres religions, c’était avec un certain sentiment de supériorité ; on considérait que ceux avec qui elle s’efforçait de dialoguer ne méritaient son attention que dans la mesure où on découvrait chez eux des « germes » d’une vérité qui ne pouvaient arriver à maturité que dans la religion catholique. Dans cette perspective, il allait de soi que le dialogue interreligieux était d’abord affaire de théologiens. Il semble qu’avec la visite du Pape François, on dépasse l’opposition entre les religions. Par-delà les énoncés catholiques ou les énoncés musulmans s’ouvre le champ d’une tâche commune au service de l’humanité.

C’est dans la mosquée Zayed d’Abou Dhabi que s’est exprimée cette sensibilité particulière. Le Souverain Pontife y rencontrait une haute personnalité de l’islam : le Cheikh Ahmed Al-Tayyib, imam de la mosquée d’Al-Ahzar, la prestigieuse université islamique du Caire. De cette rencontre est né un document qui fera date.

Il est important de souligner de quel titre se réclament ces deux personnalités religieuses. Certes, ils parlent « au nom de Dieu » mais ils prétendent surtout agir « au nom » de tous les pauvres, de tous les exclus, de tous les peuples qui souffrent dont la liste est longue. » Le souci des hommes plus que celui des religions est celui de ces deux hommes !

MJ

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