Le rapport aux morts et à la mort fait partie des grands thèmes abordés au 16è siècle par la Réforme protestante. L’acte fondateur de la Réforme a d’ailleurs eu lieu la veille de fête de la Toussaint 1517. Martin Luther s’opposait alors à la pratique des indulgences, ces bonnes œuvres ou ces dons financiers que l’Eglise demandait pour que soit obtenu le pardon de certains péchés, pour soi-même ou pour un défunt.

S’appuyant sur les textes de la Bible, les protestants pensent que dès l’instant du décès, les morts sont confiés à la bienveillance de Dieu, et qu’il n’est plus nécessaire ni souhaitable de prier ou d’agir pour eux. Les protestants ne fréquentent en principe pas beaucoup les cimetières ; aucun devoir religieux ne les y attend, en tout cas. On ne dit pas de messe pour les morts.

 

Il y a la perspective d’un jugement final, mais le moment, les modalités et le résultat en sont connus de Dieu seul. Quant au purgatoire ou aux limbes, ces lieux célestes où pourraient transiter les défunts, les protestants estiment que ce sont des inventions tardives qui n’ont pas lieu d’être.

 

La préoccupation spirituelle est alors recentrée sur les vivants. Ceux-ci sont invités à mettre leur vie en accord avec les exigences de l’Evangile, et à faire confiance en la seule grâce de Dieu pour eux-mêmes et pour ceux qui sont morts. L’approche de la mort n’appelle pas de rite particulier, mais plutôt une présence chaleureuse, des lectures bibliques, des chants et la prière. Dans certaines traditions protestantes une onction d’huile accompagne la prière, sans superstition.

 

Les cérémonies funèbres sont marquées par la sobriété. On peut évoquer quelques aspects de la vie du défunt, mais sans tomber dans un éloge déplacé. On ne s’adresse pas à lui, on ne prie pas pour lui et il n’y a aucun rite en sa faveur. Parfois même le corps est inhumé avant le service religieux, pour signifier que l’essentiel est l’encouragement et la consolation des vivants, par l’annonce de la résurrection.

 

EB

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